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Les appareils qui consomment sans qu’on les voie

Avatar de Damien Rouvier

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5 min de lecture 4,0 (65 avis)

La question qui revient le plus souvent au comptoir, quand je discute facture avec un client : « mais je n’ai pourtant rien allumé de plus ». C’est justement le problème. Une bonne partie de la consommation électrique d’un logement vient d’appareils qu’on ne voit jamais fonctionner, parce qu’ils tournent en continu, en arrière-plan, sans geste conscient de notre part.

La veille, discrète mais permanente

La veille des appareils électroniques reste le cas d’école. Une télévision, une console de jeu, un décodeur ou un lecteur multimédia laissé en veille consomme en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pour un service quasi nul le reste du temps. Pris isolément, chaque appareil ne pèse que quelques watts. Cumulés sur l’ensemble d’un foyer équipé — télévision, box, console, imprimante, chargeurs laissés branchés — et multipliés par les heures d’inactivité réelle, ces watts finissent par représenter une part non négligeable de la facture annuelle d’un ménage.

La box internet est sans doute le cas le plus emblématique, parce qu’elle ne s’éteint jamais vraiment. Elle tourne en permanence, y compris la nuit et pendant les vacances, pour maintenir la connexion disponible à tout instant. C’est un choix de confort assumé — personne ne veut attendre dix minutes de redémarrage au réveil — mais qui a un coût continu, invisible sur le compteur au moment où on le regarde.

Les appareils qui tournent sans qu’on les entende

Le congélateur et le réfrigérateur fonctionnent en permanence, avec un compresseur qui se déclenche régulièrement pour maintenir la température, même la nuit, même quand personne n’ouvre la porte. Leur consommation ne dépend pas d’un usage actif au sens où on l’entend habituellement : elle dépend de l’isolation de l’appareil, de son âge, et de la température ambiante de la pièce où il est installé — un congélateur placé dans un garage non isolé travaille nettement plus qu’un modèle installé dans une cuisine tempérée.

Le chauffe-eau électrique à accumulation entre dans la même catégorie : il maintient une réserve d’eau chaude à température constante, avec des relances régulières de la résistance pour compenser les pertes thermiques du ballon, même quand personne ne prend de douche ce jour-là. Un ballon mal isolé ou surdimensionné par rapport aux besoins réels du foyer chauffe pour rien, jour après jour.

Le sèche-linge, discret sur le compteur mais lourd sur la facture

Contrairement aux appareils précédents, le sèche-linge ne tourne pas en continu, mais il fait partie des appareils dont la consommation réelle surprend le plus les foyers qui le découvrent sur leur relevé annuel détaillé. Un cycle de séchage complet consomme largement plus qu’un cycle de lavage équivalent, et l’appareil est souvent utilisé par réflexe, y compris pour du linge qui aurait pu sécher à l’air libre en quelques heures. Ce n’est pas un appareil « en veille », mais son usage routinier en fait un des postes qu’on sous-estime le plus dans le budget électrique d’un foyer équipé.

Comment repérer ces postes chez soi

Le moyen le plus fiable de mettre un chiffre sur ces consommations invisibles reste le wattmètre, un petit boîtier bon marché à brancher entre la prise murale et l’appareil suspect. Laissé une nuit entière sur une box internet ou un téléviseur en veille, il révèle en quelques heures ce qu’aucune facture globale ne détaille : la puissance réellement tirée en continu, convertible en euros par an dès qu’on la multiplie par le prix du kWh et par 8 760 heures. C’est souvent à ce moment-là qu’un client réalise qu’un vieux congélateur oublié dans un garage coûte, à lui seul, plus cher à l’année qu’un lave-vaisselle utilisé quotidiennement.

Le relevé détaillé fourni par certains fournisseurs d’électricité, quand il existe, aide aussi à repérer un socle de consommation qui ne varie jamais, même en cas d’absence prolongée : c’est le signe le plus clair d’un ou plusieurs appareils qui tournent en permanence sans qu’on y pense.

Reprendre la main sans changer d’appareil

  • Brancher les appareils multimédias sur une multiprise à interrupteur, pour couper physiquement la veille d’un geste, en particulier la nuit ou en cas d’absence prolongée.
  • Vérifier le réglage de température du réfrigérateur et du congélateur : quelques degrés en trop sur le thermostat suffisent à alourdir la consommation sans aucun bénéfice de conservation supplémentaire.
  • Débrancher les chargeurs une fois la charge terminée, même s’ils consomment individuellement très peu.
  • Réserver le sèche-linge aux périodes où le séchage à l’air libre n’est vraiment pas possible.

Aucune de ces habitudes ne demande d’investissement, contrairement à un changement d’équipement de chauffage ou à des travaux d’isolation. C’est justement ce qui en fait un bon point de départ : avant de chiffrer un chantier, je conseille toujours de commencer par regarder ce qui tourne déjà chez soi sans qu’on l’ait décidé.

Source : ADEME, sur les consommations d’électricité spécifique des logements.


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